Les rivalités Montréal/Québec
Publié : jeu. mai 02, 2013 10:47 pm
Phénomène qui ne laisse personne indifférent, la rivalité entre les deux grandes villes québécoises que sont Montréal et Québec ne cesse d'alimenter l'actualité. Voyons comment est née cette fameuse rivalité.
De vieilles chicanes
Fondée en 1608 par Samuel de Champlain, Québec revendique le titre de première ville du pays et de berceau de la civilisation française en Amérique. Elle est aussi le centre administratif, militaire et politique de la Nouvelle-France. Montréal n'apparaît comme hameau qu'en 1642 et est l'œuvre de Paul de Chomedey de Maisonneuve, un mystique qui voulait fonder une colonie religieuse nommée Ville-Marie. Déjà, les deux villes sont très différentes. Puis, les explorations du continent et le commerce des fourrures se faisant toujours plus loin vers l'ouest, Montréal devient le point de départ de toutes les expéditions militaires et d'approvisionnement des postes de l'ouest. Les habitants de cette ville développent d'ailleurs, au contact des Amérindiens et des coureurs des bois, un sentiment de liberté plus poussé, ce qui a un impact direct sur leur mentalité. À l'inverse, les habitants de Québec sont plus surveillés dans leurs mœurs en raison de la proximité des autorités religieuses et civiles.
Une anecdote aide aussi à comprendre pourquoi, dès cette époque, les deux villes et leur population sont en rivalité. Déjà aux XVIIe et XVIIIe siècles, la mode occupait une place prédominante chez nos ancêtres, chez les femmes notamment. Les arrivages de navires apportant nourriture et matériel de France au printemps étaient attendus avec impatience par nos dames; les beaux tissus in, qui détermineraient la mode de l'année, valaient de l'or! Comme les navires déchargeaient leurs cargaisons à Québec, les dames de l'endroit s'appropriaient les premières tout ce qui était intéressant, ne laissant aux dames de Montréal que des restants… Quelle honte de n'être que des citoyennes de seconde zone! Aussi, les dames de Montréal prirent l'habitude de venir passer du temps à Québec ou d'envoyer des représentantes quand arrivait le dégel du fleuve afin d'être là à l'arrivée de la première voile de l'année.
Les Bleus versus les Rouges
Aujourd'hui, quand on veut illustrer la rivalité entre les deux villes, on parle des Rouges (Montréal) et des Bleus (Québec). La rivalité Canadiens-Nordiques a aidé à forger cette vision. Cependant, il n'en fut pas toujours ainsi. Au temps du Bas-Canada, fin XVIIIe et début XIXe siècle, la défense de la colonie reposait notamment sur la milice, tout comme dans le Régime français. Les miliciens de la Nouvelle-France portaient, en guise d'uniforme, une tuque (ou bonnet) rouge. Ensuite, pendant le Régime anglais, les miliciens de Québec continuèrent avec la tuque rouge alors que la tuque bleue était portée par les miliciens de Montréal. Eh oui! Contrairement aux idées reçues, et probablement à cause de la couleur des chandails des équipes des deux villes, le bleu représentait Montréal et le rouge, Québec. Surprenant, n'est-ce pas?
Entre les divers corps de miliciens, il existait une rivalité qui était encouragée afin d'avoir un effet d'émulation. Les « enthousiastes et intrépides » miliciens de Montréal décrivaient ceux de Québec comme des « moutons », alors que ces derniers décrivaient ceux de Montréal comme étant des « loups » sauvages indisciplinés, seulement bons à courir les bois avec les sauvages. Les miliciens de Québec se disaient plus civilisés que ceux de Montréal…
On n'a rien inventé!
Comme on peut le voir, la célèbre rivalité Montréal-Québec n'est pas d'hier et elle demeure toujours aussi vivante. Qu'on pense à la rivalité entre les maires des deux villes concernant le tourisme, l'économie, la politique et évidemment… le hockey, tout est encore en place pour une bonne chicane. Le réseau TVA a d'ailleurs capitalisé sur celle-ci pour sa téléréalité Montréal-Québec il y a deux ans.
Liens :
http://www.cmhg.gc.ca/cmh/page-79-fra.asp
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_S%C3%A9 ... u%C3%A9bec
De vieilles chicanes
Fondée en 1608 par Samuel de Champlain, Québec revendique le titre de première ville du pays et de berceau de la civilisation française en Amérique. Elle est aussi le centre administratif, militaire et politique de la Nouvelle-France. Montréal n'apparaît comme hameau qu'en 1642 et est l'œuvre de Paul de Chomedey de Maisonneuve, un mystique qui voulait fonder une colonie religieuse nommée Ville-Marie. Déjà, les deux villes sont très différentes. Puis, les explorations du continent et le commerce des fourrures se faisant toujours plus loin vers l'ouest, Montréal devient le point de départ de toutes les expéditions militaires et d'approvisionnement des postes de l'ouest. Les habitants de cette ville développent d'ailleurs, au contact des Amérindiens et des coureurs des bois, un sentiment de liberté plus poussé, ce qui a un impact direct sur leur mentalité. À l'inverse, les habitants de Québec sont plus surveillés dans leurs mœurs en raison de la proximité des autorités religieuses et civiles.
Une anecdote aide aussi à comprendre pourquoi, dès cette époque, les deux villes et leur population sont en rivalité. Déjà aux XVIIe et XVIIIe siècles, la mode occupait une place prédominante chez nos ancêtres, chez les femmes notamment. Les arrivages de navires apportant nourriture et matériel de France au printemps étaient attendus avec impatience par nos dames; les beaux tissus in, qui détermineraient la mode de l'année, valaient de l'or! Comme les navires déchargeaient leurs cargaisons à Québec, les dames de l'endroit s'appropriaient les premières tout ce qui était intéressant, ne laissant aux dames de Montréal que des restants… Quelle honte de n'être que des citoyennes de seconde zone! Aussi, les dames de Montréal prirent l'habitude de venir passer du temps à Québec ou d'envoyer des représentantes quand arrivait le dégel du fleuve afin d'être là à l'arrivée de la première voile de l'année.
Les Bleus versus les Rouges
Aujourd'hui, quand on veut illustrer la rivalité entre les deux villes, on parle des Rouges (Montréal) et des Bleus (Québec). La rivalité Canadiens-Nordiques a aidé à forger cette vision. Cependant, il n'en fut pas toujours ainsi. Au temps du Bas-Canada, fin XVIIIe et début XIXe siècle, la défense de la colonie reposait notamment sur la milice, tout comme dans le Régime français. Les miliciens de la Nouvelle-France portaient, en guise d'uniforme, une tuque (ou bonnet) rouge. Ensuite, pendant le Régime anglais, les miliciens de Québec continuèrent avec la tuque rouge alors que la tuque bleue était portée par les miliciens de Montréal. Eh oui! Contrairement aux idées reçues, et probablement à cause de la couleur des chandails des équipes des deux villes, le bleu représentait Montréal et le rouge, Québec. Surprenant, n'est-ce pas?
Entre les divers corps de miliciens, il existait une rivalité qui était encouragée afin d'avoir un effet d'émulation. Les « enthousiastes et intrépides » miliciens de Montréal décrivaient ceux de Québec comme des « moutons », alors que ces derniers décrivaient ceux de Montréal comme étant des « loups » sauvages indisciplinés, seulement bons à courir les bois avec les sauvages. Les miliciens de Québec se disaient plus civilisés que ceux de Montréal…
On n'a rien inventé!
Comme on peut le voir, la célèbre rivalité Montréal-Québec n'est pas d'hier et elle demeure toujours aussi vivante. Qu'on pense à la rivalité entre les maires des deux villes concernant le tourisme, l'économie, la politique et évidemment… le hockey, tout est encore en place pour une bonne chicane. Le réseau TVA a d'ailleurs capitalisé sur celle-ci pour sa téléréalité Montréal-Québec il y a deux ans.
Liens :
http://www.cmhg.gc.ca/cmh/page-79-fra.asp
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_S%C3%A9 ... u%C3%A9bec