Les grands prix ..
Publié : lun. juin 04, 2012 10:01 am
Archi déprimant !!!
http://blogues.radio-canada.ca/bloguesp ... -etudiant/
Qu’aurait fait Ecclestone à la tête du mouvement étudiant?
Vendredi 11 mai 2012 à 13 h 04 | Martin Leclerc
Si les associations étudiantes avaient choisi un porte-parole comme Bernie Ecclestone au lieu de miser sur un Gabriel Nadeau-Dubois ou sur un Léo Bureau-Blouin, il n’y aurait probablement eu aucune manifestation au centre-ville de Montréal. Ni ailleurs au Québec.
Avec Ecclestone, il n’y aurait pas eu de bombes fumigènes dans le métro non plus, même s’il est un grand spécialiste des écrans de fumée. Quand il négocie, Bernie n’utilise pas des pétards à 11,95 $ l’unité. Il dépose son fusil sur la table, tout simplement. Et le gouvernement du Québec s’empresse toujours de lui faire plaisir.
Quand je couvrais les activités du cirque de la F1 aux quatre coins du globe il y a quelques années, j’aimais bien traîner devant la caravane de Bernie le dimanche matin. Dans les heures précédant le départ des courses, il y avait toujours une sorte de procession devant la porte de son bureau mobile. Et c’était fort divertissant.
Dans la même journée, on pouvait voir défiler un prince du Moyen-Orient ou un chef de gouvernement désirant obtenir un Grand Prix, un milliardaire russe souhaitant lancer une nouvelle écurie, des magnats de la télévision britannique ou encore des dirigeants d’écurie en quête de solution pour régler un différend commercial ou sportif.
De temps à autre, le tsar de la F1 me faisait signe d’entrer. Et lors de nos entrevues en tête à tête, il posait autant de questions que moi. À l’époque, il tentait par tous les moyens de faire casser la loi canadienne antitabagisme, qui empêchait les écuries comme Ferrari et BAR d’afficher fièrement les couleurs de Marlboro et de Lucky Strike sur leurs monoplaces. Il savait que j’avais couvert la politique fédérale durant quelques années et il m’interrogeait souvent à propos des membres du cabinet. Tel ministre ne serait-il pas ouvert à un compromis? L’opposition était-elle suffisamment forte pour faire reculer le gouvernement? Où se situait l’opinion publique par rapport à cette question?
Après avoir menacé de retirer le Grand Prix du Canada du calendrier à cause des dispositions de cette fameuse loi, Ecclestone était parvenu à faire cracher des dizaines de millions aux deux gouvernements en guise de compensation. Nous étions alors au début des années 2000.
La porte était alors entrouverte. C’était la première fois que Québec et Ottawa acceptaient de verser de l’argent pour avoir le « privilège » de continuer à présenter un Grand Prix qui était pourtant l’un des plus anciens et l’un des plus populaires sur le globe. Que le gouvernement de la Malaisie ou un cheik de Barheïn soient prêts à emplir des enveloppes brunes pour obtenir une course, soit. Mais au Canada? Alors qu’on savait pertinemment que le cirque ne pouvait se passer du marché nord-américain, et que tous les grands prix organisés aux États-Unis tournaient au fiasco?
Depuis des années, Ecclestone rêvait par ailleurs de mettre la main sur le Grand Prix lui-même. Il voulait en devenir le promoteur pour empocher tous les profits de cet événement extrêmement lucratif.
En 2009, il a donc poignardé dans le dos son « ami » Normand Legault, un homme d’affaires québécois extrêmement crédible et réputé, et il a tout simplement retiré le Grand Prix du calendrier.
Après avoir évincé Legault du portrait et l’avoir spolié de son entreprise, Ecclestone est effectivement devenu en 2010 le promoteur du Grand Prix du Canada, à la tête duquel il a placé François Dumontier. Depuis ce temps, Ecclestone empoche donc les millions de profits reliés à la présentation de l’événement.
Et assez extraordinairement, il est en même temps parvenu à dénicher des politiciens assez serviles pour lui verser, en plus, un boni de 15 millions de dollars par année. « Le Grand Prix génère des retombées de plusieurs dizaines de millions. Il est donc normal de partager ces recettes avec Bernie Ecclestone », disent les politiciens comme le ministre québécois des Finances, Raymond Bachand.
Quand son contrat viendra à échéance en 2014, Ecclestone aura empoché 75 millions (dont une grande majorité provient des fonds publics) simplement parce que les politiciens trouvent « normal » de lui donner cet argent. Et cela, en surplus des millions de profits qu’il engrange avec l’organisation du Grand Prix!
C’était donc particulièrement comique cette semaine de lire qu’Ecclestone veut obtenir encore plus d’argent à compter de 2015 et qu’il exige, en plus, que 15 millions supplémentaires soient investis pour rénover les installations de l’île Notre-Dame.
Quand Normand Legault demandait de l’aide pour rehausser la qualité du site, les gouvernements lui répondaient de s’arranger tout seul. Mais quand Bernie lève le petit doigt, le ministre Bachand accourt aussitôt : « M. Ecclestone veut des installations en bon état et c’est normal. Il faut trouver une façon de financer cela », dit-il.
Bref, la paille de Bernie Ecclestone est plongée bien au fond de notre grand milk shake collectif. Et pour lui, de toute évidence, les coffres de l’État sont infiniment profonds.
Les chefs de file du mouvement étudiant peuvent aller se rhabiller. À leur place, Bernie Eccletone aurait depuis longtemps obtenu la gratuité scolaire. Et à titre de boni, Raymond Bachand aurait sans doute accepté, en plus, de verser un salaire à tous ceux qui fréquentent le cégep ou l’université.

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Qu’aurait fait Ecclestone à la tête du mouvement étudiant?
Vendredi 11 mai 2012 à 13 h 04 | Martin Leclerc
Si les associations étudiantes avaient choisi un porte-parole comme Bernie Ecclestone au lieu de miser sur un Gabriel Nadeau-Dubois ou sur un Léo Bureau-Blouin, il n’y aurait probablement eu aucune manifestation au centre-ville de Montréal. Ni ailleurs au Québec.
Avec Ecclestone, il n’y aurait pas eu de bombes fumigènes dans le métro non plus, même s’il est un grand spécialiste des écrans de fumée. Quand il négocie, Bernie n’utilise pas des pétards à 11,95 $ l’unité. Il dépose son fusil sur la table, tout simplement. Et le gouvernement du Québec s’empresse toujours de lui faire plaisir.
Quand je couvrais les activités du cirque de la F1 aux quatre coins du globe il y a quelques années, j’aimais bien traîner devant la caravane de Bernie le dimanche matin. Dans les heures précédant le départ des courses, il y avait toujours une sorte de procession devant la porte de son bureau mobile. Et c’était fort divertissant.
Dans la même journée, on pouvait voir défiler un prince du Moyen-Orient ou un chef de gouvernement désirant obtenir un Grand Prix, un milliardaire russe souhaitant lancer une nouvelle écurie, des magnats de la télévision britannique ou encore des dirigeants d’écurie en quête de solution pour régler un différend commercial ou sportif.
De temps à autre, le tsar de la F1 me faisait signe d’entrer. Et lors de nos entrevues en tête à tête, il posait autant de questions que moi. À l’époque, il tentait par tous les moyens de faire casser la loi canadienne antitabagisme, qui empêchait les écuries comme Ferrari et BAR d’afficher fièrement les couleurs de Marlboro et de Lucky Strike sur leurs monoplaces. Il savait que j’avais couvert la politique fédérale durant quelques années et il m’interrogeait souvent à propos des membres du cabinet. Tel ministre ne serait-il pas ouvert à un compromis? L’opposition était-elle suffisamment forte pour faire reculer le gouvernement? Où se situait l’opinion publique par rapport à cette question?
Après avoir menacé de retirer le Grand Prix du Canada du calendrier à cause des dispositions de cette fameuse loi, Ecclestone était parvenu à faire cracher des dizaines de millions aux deux gouvernements en guise de compensation. Nous étions alors au début des années 2000.
La porte était alors entrouverte. C’était la première fois que Québec et Ottawa acceptaient de verser de l’argent pour avoir le « privilège » de continuer à présenter un Grand Prix qui était pourtant l’un des plus anciens et l’un des plus populaires sur le globe. Que le gouvernement de la Malaisie ou un cheik de Barheïn soient prêts à emplir des enveloppes brunes pour obtenir une course, soit. Mais au Canada? Alors qu’on savait pertinemment que le cirque ne pouvait se passer du marché nord-américain, et que tous les grands prix organisés aux États-Unis tournaient au fiasco?
Depuis des années, Ecclestone rêvait par ailleurs de mettre la main sur le Grand Prix lui-même. Il voulait en devenir le promoteur pour empocher tous les profits de cet événement extrêmement lucratif.
En 2009, il a donc poignardé dans le dos son « ami » Normand Legault, un homme d’affaires québécois extrêmement crédible et réputé, et il a tout simplement retiré le Grand Prix du calendrier.
Après avoir évincé Legault du portrait et l’avoir spolié de son entreprise, Ecclestone est effectivement devenu en 2010 le promoteur du Grand Prix du Canada, à la tête duquel il a placé François Dumontier. Depuis ce temps, Ecclestone empoche donc les millions de profits reliés à la présentation de l’événement.
Et assez extraordinairement, il est en même temps parvenu à dénicher des politiciens assez serviles pour lui verser, en plus, un boni de 15 millions de dollars par année. « Le Grand Prix génère des retombées de plusieurs dizaines de millions. Il est donc normal de partager ces recettes avec Bernie Ecclestone », disent les politiciens comme le ministre québécois des Finances, Raymond Bachand.
Quand son contrat viendra à échéance en 2014, Ecclestone aura empoché 75 millions (dont une grande majorité provient des fonds publics) simplement parce que les politiciens trouvent « normal » de lui donner cet argent. Et cela, en surplus des millions de profits qu’il engrange avec l’organisation du Grand Prix!
C’était donc particulièrement comique cette semaine de lire qu’Ecclestone veut obtenir encore plus d’argent à compter de 2015 et qu’il exige, en plus, que 15 millions supplémentaires soient investis pour rénover les installations de l’île Notre-Dame.
Quand Normand Legault demandait de l’aide pour rehausser la qualité du site, les gouvernements lui répondaient de s’arranger tout seul. Mais quand Bernie lève le petit doigt, le ministre Bachand accourt aussitôt : « M. Ecclestone veut des installations en bon état et c’est normal. Il faut trouver une façon de financer cela », dit-il.
Bref, la paille de Bernie Ecclestone est plongée bien au fond de notre grand milk shake collectif. Et pour lui, de toute évidence, les coffres de l’État sont infiniment profonds.
Les chefs de file du mouvement étudiant peuvent aller se rhabiller. À leur place, Bernie Eccletone aurait depuis longtemps obtenu la gratuité scolaire. Et à titre de boni, Raymond Bachand aurait sans doute accepté, en plus, de verser un salaire à tous ceux qui fréquentent le cégep ou l’université.